India-1

Les 5 choses que j’ai apprises des écoles innovantes en Inde

1. La collaboration

Dans chaque école que j’ai visitée, la collaboration n’est pas un vainmot.

Collaboration entre enseignants

Dans chaque école les enseignant.e.s ont un temps donné pour se réunir ou travailler ensemble, de manière hebdomadaire ou même dans certaines écoles, quotidiennement, après les cours : ils.elles restent à l’école de 8 heures à 16 heures (ou à 17 heures) quel que soit leur emploi du temps et comme les élèves finissent plus tôt (vers 15h), ils.elles ont du temps pour préparer leurs cours, échanger, corriger.

Cela signifie également qu’ils.elles ont des lieux pour se rencontrer et travailler : des salles de réunion multiples de la Gateway School (Mumbai) qui font rêver, à la salle des profs où chacun.e a sa place.

Parfois, comme à la Riverside School (Ahmedabad) ou à la Gateway School (Mumbai), la collaboration s’inscrit même dans la classe quand elle est faite par plusieurs enseignant.e.s. Et bien sûr, cela conduit ensuite à une discussion ouverte sur ce qui aurait pu être mieux et ce qui était réussi.

Collaboration entre les élèves

Du jeu collaboratif en sport aux assemblées d’élèves, en passant par les travaux de groupe, et la résolution de problèmes, les enfants sont constamment invités à penser aux autres et à communiquer. Cette collaboration est contrôlée et les règles sont faites pour permettre à chacun de participer. Soit l’enseignant.e s’occupe d’impliquer chaque élève, soit des affiches rappellent la meilleure attitude à adopter, soit ce sont les consignes elles-mêmes qui impliquent la participation de chacun. Par exemple, j’ai observé un travail de groupe dans lequel chacun recevait deux pièces, le travail consistait à utiliser chaque pièce lorsque l’on avançait un argument. Toutes les pièces devaient être utilisées, ce qui poussait tous les élèves à s’impliquer.

Collaboration entre enseignants et parents

Cet aspect de la collaboration a été passionnant pour moi. Comme je l’ai mentionné plus tôt, dans les écoles que j’ai visitées, les élèves finissent relativement tôt, ce temps après l’école peut alors devenir une occasion pour les enseignant.e.s de rencontrer les parents comme dans Gramin Shishka Kendra (Sawai Madhopour) où le lien avec la communauté est extrêmement fort. Dans cette école, les enseignant.e.s partagent leur repas avec les élèves : c’est une excellente façon de s’assurer que chaque enfant mange ce dont il a besoin. Et si ce n’est pas le cas, alors l’enseignant.e pourra engager cette discussion avec les parents concernés pendant la semaine.

À propos de nutrition, dans l’école municipale d’Acharya Vinoba Bhave (Pune), il y a des temps définis pendant lesquels les enseignant.e.s rendent visite aux familles pour évoquer des sujets cruciaux, comme la nutrition par exemple.

Quand j’étais à la Gateway School (Mumbai), j’ai assisté à une journée pour les parents très particulière : les enseignant.e.s, les parents et les élèves ont planté un arbre en mémoire d’un père décédé le mois précédent et qui aurait célébré son anniversaire ce jour-là. Ce genre de petites attention renforcent encore le lien parents / communauté éducative.

De manière générale, tous les établissements que j’ai observés tissaient un lien très fort avec la communauté de parents, que ce soit par de fréquentes portes ouvertes, par des cours d’alphabétisation, d’éducation ou par les visites des professeur.e.s.

2. L’enfant au cœur de l’éducation

Publique ou privée, grande école ou petite structure, l’enfant est toujours au cœur de l’éducation.

Membres de la communauté

Les élèves sont considéré.e.s comme des membres à part entière. Ils décident de certaines règles de la classe ou de l’école, on écoute leurs désirs sur les sujets à aborder en classe. De manière générale, les élèves sont envisagé.e.s comme des sujets responsables et autonomes.

Certain.e.s d’entre eux peuvent jouer le rôle de surveillant.e pendant les pauses et vérifient que tout le monde aille bien en classe, comme dans l’école municipale d’Acharya Vinoba Bhave (Pune). Ils.Elles sont traité.e.s comme des égaux.égales et appellent parfois leurs professeur.e.s “Didi” (grande soeur) ou “Bhaia” (grand frère) comme à KC Thackeray Vidya Niketan (Pune) ou à Acharya Vinoba Bhave (Pune).

Dans TVS Academy (Hosur), tou.te.s les enfants font partie du “conseil d’école” et ils.elles se rencontrent régulièrement pour décider des règles et trouver des solutions aux problèmes qui surviennent. Quelques élèves par classe sont des médiateur.rice.s entre pairs et aident à résoudre les problèmes quotidiens.

Le personnel est bien formé

Les enseignant.e.s et les membres de l’administration sont très bien informés sur le développement de l’enfant en général (je reviendrai sur ce point plus tard) et sur leurs élèves en particulier. Ils adaptent constamment leur enseignement notamment pour définir leur objectif dans la zone proximale de développement* de chacun : difficile mais pas décourageant.

J’ai assisté à une réunion entre les enseignant.e.s et l’administration, au cours de laquelle il était question de la façon de réagir avec un enfant difficile. Tout d’abord, ils.elles ont travaillé sur l’étude d’un cas connu de tous dont la situation avait été résumée en un document transmis à tous. Après l’avoir lu et analysé en groupe, ils.elles ont proposé plusieurs catégories pour classer les informations et ils.elles ont réfléchi aux solutions à offrir à cet élève. Ensuite, ils.elles ont établi la liste des élèves semblables dans leurs cours pour faire leur portrait en utilisant les catégories mises en lumière. Au cours de la semaine suivante, ils.elles allaient mettre en pratique avec ces dernier.e.s certaines des solutions imaginées lors de cette étude de cas.

La formation est un travail concret, dans lequel tous les professeurs s’engagent et elle les amène à interroger directement ce qu’ils font au quotidien. Ce n’est pas un sermon théorique sur le climat scolaire, mais un moment privilégié pour prendre du recul dans une atmosphère de collaboration qui mène à la définition de nouvelles pratiques directement applicables puisqu’elles sont pensées par les enseignant.e.s à la lumière de leurs difficultés.

*concept développé par Lev Vygotski : ce qu’un enfant peut faire avec un peu d’aide.

Les enfants sont célébrés

En un mois, en ayant assisté à un certain nombre de cours, je n’ai quasiment jamais été témoin de réprimande ou de stigmatisation. Non que tout.e.s les élèves soient silencieux.ses, engagé.e.s et concentré.e.s, mais je remarquai rapidement que les comportements positifs étaient toujours encouragés par des compliments descriptifs (“J’adore quand ...”, “j’ai remarqué que ...”). Et les négatifs me direz-vous ? Pas un mot. En silence, les enseignant.e.s rappelaient les règles écrites sur un poster ou utilisaient des astuces pour attirer l’attention de tous (enseignant.e : “classe, classe”, élèves : “oui, oui”, enseignant.e : “classe, classe, classe”, élèves : “oui, oui, oui”, ou la même astuce à l’aide en tapant dans les mains uniquement) Je suis sûre que cela ne fonctionne pas dans chaque classe, chaque jour, avec tout le monde, mais j’ai aimé le fait que les comportements négatifs ne suscitent aucun intérêt.

Dans un bon nombre d’écoles, sur le mur extérieur de la classe, se trouvait un tableau pour célébrer les élèves, toujours d’une manière qui encourage “l’état d’esprit de développement”.

À la Riverside School (Ahmedabad), le laboratoire a pris le nom d’un ancien élève décédé qui adorait les sciences. Le mur extérieur est tapissé de photos de lui qui témoignent de son humour et de sa gaité.

Dans l’une des classes de la Gateway School (Mumbai), on peut trouver des pots pour chaque élève : quand ils.elles sont fier.e.s d’eux.elles, les enfants sont encouragé.e.s à l’écrire sur un papier et à le mettre dans leur pot pour le relire quand ils.elles se sentent découragé.e.s.

Je n’ai vu aucune punition, mais j’ai vu des espaces chaleureux pour que les enfants se calment.

3. Donner du sens

Ce point m’a beaucoup fait réfléchir ! Combien de fois, mes élèves me disaient : “À quoi ça sert ?” Et combien de fois j’ai répondu : “ Vous allez être évalué.e.s dessus / vous en aurez besoin un jour ...”

La pertinence

Dans toutes les écoles que j’ai visitées, il y avait cette préoccupation de donner un sens à n’importe quel sujet, et pourquoi pas, partir des interrogations des élèves directement. Tous les sujets ne s’y prêtent pas facilement, mais ce point était crucial pour tou.te.s.

Cela m’est apparu pour la première fois lors d’un cours de physique pendant lequel l’enseignante a demandé : “Que voulez-vous étudier pendant la prochaine période ?” Et a suggéré : “Pourquoi pas le plasma ? Que diriez-vous de savoir comment fonctionne un écran plasma?” s’ancrant ainsi dans le quotidien immédiat des élèves.

J’étais impatiente de voir comment cela s’appliquait en littérature car c’est mon domaine. En discutant avec les enseignant.e.s, je les ai entendu.e.s me parler de la lecture comme moyen d’encourager les questionnements des enfants : qu’est-ce que le courage ? Le personnage fait-il le bon choix ? Pourquoi ? Qu’est-ce que j’aurais fait à sa place ? En France, nous méprisons un peu cette façon de faire, trop psychologisante, mais j’aime cette façon de susciter des réflexions humaines en favorisant l’empathie et la conscience de soi. En ce qui concerne l’écriture, j’ai rencontré une enseignante qui organise des sessions d’écriture libre toutes les semaines. Comme elle écrit avec les élèves, ils.elles la voient lutter et rayer ses écrits. Ils.elles comprennent que l’écriture n’est pas toujours facile pour tout le monde. Et progressivement, ils.elles veulent s’améliorer pour lire leur texte en public et voici qu’intervient la partie technique pour répondre aux besoins réels. Encore une fois, je ne veux pas décrire le cours de langue parfait, mais engager une réflexion sur la manière dont nous enseignons pour rendre notre enseignement pertinent pour les élèves.

Donner du pouvoir aux élèves

Encourager les enfants à prendre des risques et à se responsabiliser est une grande préoccupation.

À la Gateway School (Mumbai), en sciences humaines, les élèves devaient lire un article sur une école de leur ville qui a drastiquement réduit sa consommation d’énergie. Ils.elles ont alors trouvé des éléments pour comprendre comment cela avait été possible et imaginé ce qui pouvait être mis en œuvre dans leur école, pour le mettre effectivement en pratique.

Cet exemple me conduit à évoquer la philosophie de la Riverside School (Ahmedabad), fondée sur le “design thinking. Dans chaque classe, les élèves sont encouragés à trouver une solution à un problème en suivant quatre étapes :

1. Ressentez, 2. Imaginez, 3. Faites, 4. Partagez.

Par exemple, pendant l’été, certaines parties de l’Inde ont connu des inondations importantes et des personnes se sont retrouvées sans abri : c’était le problème. Tout d’abord, les enfants ont ressenti ce que cela faisait en restant assis sous la pluie pendant un certain temps. Ensuite, ils.elles ont imaginé des solutions pour aider les victimes. Ils.elles ont donc créé des affiches et sont allé.e.s dans les salles de classe pour parler des inondations pour convaincre les autres élèves d’aider à leur tour, ils.elles ont trouvé une association partenaire et ils.elles ont envoyé la nourriture collectée. Enfin, ils ont partagé à l’école le résultat de leur action.

La même philosophie est au cœur de la TVS Academy (Hosur), les élèves se définissent comme des acteurs de changement. Par exemple, en visitant une école publique, ils.elles se rendirent compte que les filles n’allaient pas à l’école pendant leurs règles parce que les toilettes n’avaient pas d’eau, malgré un réservoir d’eau sur le campus... Les enfants ont alors recueilli de l’argent, ou plutôt ils.elles ont été encouragé.e.s à le gagner en faisant des petites tâches ou en économisant pour acheter les tuyaux nécessaires. Finalement, ils.elles ont récolté 100 000 roupies (1 300 euros), et à leur suite le personnel de l’école a ajouté le même montant, de même que l’association des anciens élèves. Ils.elles ont enfin trouvé une entreprise prête à leur vendre tout le matériel de plomberie nécessaire et ils.elles ont fait tout le travail physique.

Toutes ses actions répétées permettent de lutter contre le sentiment d’impuissance. Les enfants ont l’impression dès le plus jeune âge qu’ils peuvent avoir une influence sur le monde qui les entoure et qu’il est nécessaire de s’engager individuellement. Ils se considèrent comme des acteurs de changement.

4. Façonner des humains (les compétences psycho-sociales)

J’ai choisi ces écoles parce qu’elles ne se concentraient pas que sur les seules connaissances scolaires mais considéraient les élèves comme des êtres à former dans leur ensemble.

La créativité

J’étais enthousiaste à l’idée d’observer comment les enseignant.e.s favorisaient la créativité des élèves quels que soient les sujets, même les plus éloignés en apparence. J’ai vu de magnifiques dessins géométriques accueillir des formules. J’ai vu de merveilleuses instructions en physique qui intégraient les arts, les compétences interpersonnelles à la science (comme quoi, tout n’est pas si cloisonné...):

Inspiré de votre compréhension de la double nature de la lumière, écrivez un poème sur ce sujet.
Une diode à jonction p-n ne laisse passer le courant électrique que dans un seul sens. Décrivez deux scènes dans lesquelles vous n’envisagiez la situation que dans un seul sens.

La communication

J’ai mentionné plus tôt les assemblées qui ont lieu dans les différentes écoles que j’ai visitées, mais la communication prend son sens pendant les cours. Je me souviens de cet élève qui avait volé les pièces de son ami parce qu’il n’en avait pas pour l’exercice. Non seulement il n’a pas été puni pour cet acte mais l’enseignante a utilisé ce problème comme une formation pour tous. Après avoir écouté la version de l’enfant, chaque élève a été encouragé.e à trouver une autre façon de communiquer ses besoins, puis celui dont il était question a quitté la salle et a rejoué la scène en choisissant une solution plus appropriée.

Connaissance de soi

Dans son ouvrage, L’intelligence émotionnelle, Daniel Goleman a souligné le rôle crucial de l’éducation émotionnelle dans l’éducation comme moyen d’améliorer la communication, d’apaiser les relations et même comme outil de réussite personnelle .

À la TVS Academy (Hosur), les élèves commencent la journée avec de la méditation et du yoga. Chaque semaine, ils ont un temps de “ réflexion personnelle ” : à travers des jeux, du théâtre, des discussions, ils prennent conscience d’eux-mêmes et des autres. Cette école suit également le programme “Les racines de l’empathie” créé par Mary Gordon, construit sur des thèmes comme la compréhension, l’inclusion, la diversité, la non-violence.

Dans la Gateway School (Mumbai), les élèves participent chaque semaine à des discussions similaires, nommées “Me As A Learner”. Par exemple, le sujet de la session que j’ai observée était le respect : qui respectons-nous ? Comment montrons-nous du respect ? Comment savons-nous si nous avons été irrespectueux.ses, même si nous ne voulions pas l’être ? Les enfants se sont interrogé.e.s sur leurs émotions et sur la conséquence de leurs actions.

En plus de cela, toute l’école suit une “Positive Behaviour Intervention Support” chaque mois : les enfants sont sensibilisé.e.s à un thème (le respect, la responsabilité) et chaque enseignant.e établit des parallèles entre le contenu de sa leçon et le PBIS du mois. Ce thème, cette valeur, devient une alors expérience quotidienne et non un sermon.

Pensée critique

Tous les enseignant.e.s que j’ai rencontré.e.s ont une chose en commun : ils.elles ne s’arrêtent pas à la première réponse et cherchent toujours à connaître le processus qui a conduit l’élève à la donner. Ils.elles questionnent toutes les assertions et encouragent les élèves à faire de même.

À la TVS Academy (Hosur), vous pouvez assister à un cours sur les médias qui aide les élèves à décoder ce qu’ils voient. C’est aussi l’occasion d’apprendre à faire la différence entre les besoins et les désirs.

Beaucoup d’écoles que j’ai visitées développent une pédagogie par projet (une approche dynamique de l’enseignement dans lequel les élèves explorent les problèmes et les défis du monde réel). Ils.elles sont donc encouragé.e.s à observer et à analyser le monde comme dans ce projet où les élèves observaient des papillons dans le jardin de l’école et devaient établir combien d’espèces étaient présentes, sur quel type de fleurs les papillons se posaient, quand les papillons arrivaient et partaient. Les enfants deviennent des scientifiques, analysant le monde en profondeur.

5. Les professeurs, ces chercheurs

Pour un.e professeur.e en France, ce n’est pas une comparaison qui va de soit. Notre formation est très pauvre et lorsque j’ai rencontré ma première classe, je n’avais aucune théorie et aucune pratique. Chaque année, j’essaie d’améliorer mon enseignement en regardant ce que les autres font, en lisant un peu mais sans aucune méthode. Alors comprenez mon étonnement lorsqu’une professeure d’anglais m’a dit :

J’essaie de trouver des solutions pour leurs difficultés en écriture, je me suis fixé certains objectifs, mais tu sais, c’est toujours difficile de ne pas les suivre d’une année sur l’autre, on ne connaît pas les fruits de ses recherches.

Hou la la ! Je ne me suis jamais vue comme une scientifique, et je ne l’étais pas ! Bien sûr, j’expérimentais de nouvelles solutions, mais jamais je n’ai utilisé de processus scientifique pour valider ou invalider mon hypothèse, et mes expériences n’avait rien de rigoureux. Et là, tous les enseignant.e.s que je rencontrais remettait constamment leur enseignement à jour avec des lectures, des feedbacks, et ils.elles semblaient expérimenté.e.s même en début de carrière.

À la TVS academy (Hosur), les enseignant.e.s ont régulièrement des ateliers et des formations : au début de l’année, pendant 10 jours, puis 2 jours avant chaque vacances et 2 jours avant chaque rentrée. En tout, ils ont à peu près 50 jours de formation dans l’année. Et parlons du contenu de cette formation : ils analysent leurs pratiques, partagent leurs expériences, ajustent leur méthode aux commentaires. Les étudiant.e.s, les enseignante.e.s et des évaluateur.rice.s externes analysent régulièrement l’école et sa pédagogie.

Cela m’a rappelé une conférence de Stanislas Dehaene, qui espérait que le professeur.e.s en France puissent devenir comme les ceux en Finlande, considérés comme spécialistes dans leur domaine : la pédagogie. Mais les enseignant.e.s devraient alors être formé.e.s correctement et commencer à évaluer leurs pratiques plus rigoureusement. C’était la première fois que j’entendais parler de “Evidence-based Education”.

Tout un monde à découvrir !

Les écoles que j’ai visitées :