Oceania

Une salle de l’Auckland Normal Intermediate (crédit: ANI)

Repenser l’espace

L’Auckland Normal Intermediate

Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, comme en Australie la question de l’espace de l’école suscite un intérêt grandissant. Ainsi la notion de “Flexible Learning Space” est-elle apparue sur le site du ministère de l’éducation qui lui dédie une page entière mettant en avant quelques designs possibles, les études de cas de quelques écoles qui ont franchi le cap, et les possibles avantages que les élèves en retireraient. Vous trouverez enfin le lien vers un autre site du ministère entièrement dédié à la question.

Un projet innovant porté par les professeurs

J’ai eu la chance de discuter avec John qui s’est emparé d’un tel projet à l’Auckland Normal Intermediate (ANI), un collège de la capitale de Nouvelle-Zélande, il y a cinq ans. Ce projet est né, de la volonté de quelques professeurs, soutenus par l’équipe de direction, d’apporter un cadre innovant pour soutenir un changement de pratiques. Ce point m’a semblé crucial dans la réussite de l’expérimentation : faire des professeurs les acteurs du projet pour qu’il corresponde à leurs besoins, à leurs attentes et à leurs observations.

Ainsi, à ANI, plusieurs classes travaillent ensemble dans un seul grand espace. Les murs entre les classes ont été abattus afin que l’apprentissage ne se fasse pas par classe mais par petits groupes d’élèves en fonction des besoins de chacun. Ce dispositif vise ainsi à permettre une plus grande différenciation de l’apprentissage. Comme dans la NBCS, il existe trois types de lieu :

  • le feu de camp, où les élèves se réunissent autour d’un expert,
  • la grotte pour les moments de travail solitaire,
  • le point d’eau propice à la discussion et aux échanges.

S’adapter au monde à venir

John insiste sur l’importance pour l’école de s’adapter au monde en transition dans lequel nous vivons. Il s’agit, avec de telles transformations, d’encourager la collaboration, la communication et la créativité, quelques-unes de ces compétences du 21e siècle (link) dont tout le monde parle en éducation en ce moment. Il me rappelle un chiffre qui est avancé par de nombreux acteurs (1. Rapport de l’Institute for future et Dell, 2017, 2. Rapport du département du travail américain, 1999) : plus de 65% des écoliers exerceront une profession qui n’existe pas encore. L’école-usine, qui demande aux élèves de s’installer en rang, sans bouger et sans parler, n’a plus lieu d’être et répond à une vision obsolète de la société, il est donc urgent de changer notre enseignement, tel est le constat.

Dans ces espaces, le savoir ne se transmet plus de façon verticale, du maître à l’élève, mais de façon horizontale, entre les élèves, en utilisant divers outils numériques, ramenant le professeur au rôle de facilitateur. Ainsi donc, dans cette classe-ruche, la collaboration et la créativité sont ramenées au cœur de l’apprentissage, encouragées par un espace flexible et ouvert.

Ce que j’en pense

Ce travail de réflexion sur l’objectif de l’école est intéressant et stimulant : il nous amène à interroger des habitudes qui nous semblent évidentes et connues. De ce que j’ai pu voir, les élèves s’appropriaient avec facilité les différents espaces et semblaient travailler avec autonomie. À mon avis, les espaces de silence étaient trop peu nombreux, et il me semble que le bruit ambiant, même à un niveau sonore raisonnable comme je l’ai observé, ne favorisait pas la concentration pour des tâches difficiles et engageantes. Je nuancerais aussi en ajoutant que j’ai observé ces pratiques dans un collège privé, ce qui ajoute incontestablement un biais à l’expérience.

#inspiration #école #architecture